Bernard Giraudeau...

Bernard,

Hier, je déjeunais avec mon amie Sophie et elle s'est étonnée que le blog FASHION PERRUQUES soit resté silencieux sur ton départ...

Je crois que je suis révoltée, vraiment en colère car si la maladie nécessite un travail sur soi pour comprendre PENDANT ce qu'on a laissé s'échapper AVANT...il me semble que tu étais la preuve de ce cheminement, de ce changement, de cette compréhension. Alors pourquoi pas un peu plus de temps ???

Parce qu'après avoir été centré sur toi pour trouver paix et sérénité, tu t'étais tourné vers les autres non seulement pour leur transmettre cette paix et cette sérénité mais aussi pour les alerter et éviter que la maladie ne leur tombe dessus. Et tu avais encore tant à dire...

"J'étais vraiment parti pour me casser la figure. J'allais trop loin. J'étais dans une incapacité de réagir, dans une sorte d'étouffement, un trop-plein de ce métier, de paraître, dans l'incapacité de savoir comment faire pour arrêter cette course effrénée vers le néant. Et la maladie est arrivée. Je n'ai jamais ressenti ni colère ni sentiment d'injustice....C'est le moment de savoir dire non à ce qui était hors l'essentiel. J'étais dans l'acceptation immédiate ...Je ne reviendrai jamais du voyage de la maladie, je ne reviendrai jamais vers la vie d'avant. Jamais. La maladie est un voyage dont on ne revient pas : soit c'est la mort, soit c'est une autre vie qui commence..."

Tu portais également, aux côtés des créatrices du site LA MAISON DU CANCER que tu avais rejoins avec une grande générosité, un regard critique sur la médecine en France et sur le fonctionnement des hôpitaux, te considérant comme un privilégié de par ton nom et ton statut social :

 "On supprime des postes, il y a de moins en moins d'oncologues, et pourtant il y a de plus en plus de malades, de plus en plus de pathologies. Et en face ? De moins en moins de médecins. Ils courent d'un bureau à l'autre, ce sont des queues pour un examen, une radio. L'hôpital fait ce qu'il peut, et il le fait bien. Mais cela ne suffit pas."

Finalement, j'ai eu l'impression de cheminer à tes côtés tout ce temps là, du jeune acteur impétueux au regard bleu lagon qui dormait dans mon jardin secret à l'homme de la maturité qui revendiquait le statut de "malade actif" pour "accepter mais ne pas se résigner".

Ton parcours résonait en moi : Barbie blonde en quête d'amour et de reconnaissance à la "peladique" qui a changé de vie professionnelle pour apporter aux autres son témoignage, son expérience de vie avec ...une perruque . Et ma colère contre les hôpitaux qui continuent de négliger l'impact de l'image de soi sur l'estime de soi donc sur l'envie de guérir.

Bernard, tu avais apprivoisé la mort et tenté de préparer ceux qui comptaient pour toi à ton départ, que tu savais devoir arriver puisque tu avais refusé tout nouveau traitement invasif,et cela aussi c'est le droit du malade ! Mais on se prépare jamais vraiment et la séparation va être difficile...

Bernard, merci pour tout ce que tu as fait, merci pour tout ce qui se fera en ton nom, au delà de ton silence...

BG.jpg  BG2.jpg 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Personnaly © 2014 -  Hébergé par Overblog